19.03.2008

Au son d'un remaniement

1155497556.jpgAu lendemain de la défaite électorale de la droite aux élections municipales, le Président Sarkozy ne pouvait faire autrement que de symboliquement opérer un changement au sein de l’équipe gouvernementale.
C’est chose faite depuis mardi soir. Et « symboliquement », le mot est encore fort !
En effet, non content de faire jouer à ses secrétaires d’Etat le jeu palpitant de la chaise musicale (Wauquiez, Chatel, Marleix, Besson, Bockel), le Président fait également entrer six nouvelles personalités au gouvernement, toutes secrétaires d’Etat (Blanc, Falco, Idrac, Jégo, joyandet, Morano).
« Je ferais un gouvernement resséré de 15 ministres » nous disait, il y a peu, le Président de la République. Avec ce remaniement, premier ministre inclus, ce chiffre passe à 38 ! Mais le chef de l’Etat n’a pas menti, Nicolas Sarkozy joue simplement sur les mots. Il y a effectivement une petite quinzaine de ministres… en titre! Et même s’il est protocolairement admis d’appeler un secrétaire d’Etat : « Monsieur le Ministre », cette distinction demeure strictement orale.
Si le Président de la République avait voulu symboliquement (de manière à ce que ce mot, cette fois,  ait un sens) procéder à quelques modifications plus visibles pour l’opinion ; il lui suffisait simplement de remplacer la ministre de L’Economie, plutôt que de cerner, d’avantage encore, cette malheureuse Christine Lagarde de deux nouveaux secrétaires d’Etat (Wauquiez et Idrac). Pas des moindres, qui plus est!
 
Et comment interpréter l’arrivée de ces nouveaux entrants, dont certains, à l’image de l’éminente sarkozyste Nadine Morano, se sont fait sévèrement battre lors des élections de Dimanche dernier ?

Alors on s’interroge…

D’un coté, Nicolas Sarkozy déclarait, (après avoir annoncé un mois auparavant le contraire) qu’il ne fallait pas tirer de conclusions nationales à des élections locales. Soit ! A ce titre il ne trompe personne, en faisant entrer dans l’équipe Fillon une perdante aux municipales.
D’un autre coté, ce même Nicolas Sarkozy déclarait, pas plus tard que lundi dernier, qu’il tiendrait compte du vote des français dans la perspective d'un prochain remaniement ministèriel. Et là, curieusement, l’entrée de Nadine Morano et bien d’autres au gouvernement, résonne un peu comme un bourdon fêlé…